Finisher or not finisher

Finisher or not finisher ?

Dans le précédent billet j’avais un peu évoqué le fait que les coureurs d’aujourd’hui partaient un peu à l’aventure sur leurs compétitions, soit par défi soit pour accompagner le copain sans trop savoir parfois sur quoi ils s’aventuraient. Aujourd’hui la course à pied s’est démocratisée, courir en groupe la nuit qui paraissait une hérésie il y’a une vingtaine d’années (le fameux cours Forest cours !!!! je l’ai entendu un paquet de fois lors de mes footings Nocturnes), est devenu à la mode.

Des coureurs connectés

A l’heure du 2.0 des réseaux sociaux, on communique sur son footing, sa séance, ses sensations, un petit selfie pour prouver que l’on est allé accomplir sa sortie. Evolution des temps modernes là ou avant on besognait en silence et dans son coin à la lueur d’un lampadaire blafard des séries de 400m, et ou le seul moyen d’étaler le travail accompli était de se rentrer dedans le jour de la compétition pour aller gratter le copain de club ou 10 secondes sur le record perso.

Puisque c’est écrit….

Aujourd’hui après 25 ans de pratique je rencontre, discute, évoque, échange avec des coureurs de tous horizons, et ce qui revient fréquemment c’est que beaucoup veulent courir pour se faire plaisir, les magazines spécialisés nous montrent des coureurs souriants, bien coiffés, équipés, bardés d’un téléphone pour enregistrer leurs sorties leur souffler l’allure. Avec des titres accrocheurs « Bouclez un ultra en 8 semaines « , »Courez comme les Kenyans » ou encore « finisher sur marathon », et voilà notre coureur parti avec l’objectif de boucler son ultra ou son marathon en 8 semaines sauf que….

Vaille que vaille

Sauf que s’il part avec l’intention de tenir son programme bien souvent soit le programme n’est pas en adéquation avec le niveau de pratique actuel du coureur, soit il en laisse en route (la séance longue j’ai pas le temps de la placer alors hop elle saute, la séance de VMA c’est trop dur et ça sert à rien alors hop ça saute …) .

Et voilà notre coureur qui devient son propre entraîneur en s’établissant un planning un peu à la carte (et beaucoup à l’arrache !).

Il se dit que toute façon c’est du long donc ça n’ira pas vite et ça passera forcément, il sera « finisher ». Oui mais voilà partir pour 6,8,10 heures ou plus de course ne s’improvise pas, que va-t-il se passer ?

Si les premiers kilomètres se passent bien, très vite la galère risque de commencer entre des muscles qui tétanisent par manque de foncier.

  • Les problèmes gastriques inhérents aux longues distances
  • Une hypoglycémie, ou un coup de fringale que l’on n’a jamais connu à l’entraînement.

A ce moment-là seulement on commence à comprendre toute l’importance d’une préparation sérieuse et construite .

Alors notre coureur va terminer vaille que vaille , mais quelles conséquences ?

  • Musculairement il va mettre un long moment à s’en remettre psychologiquement hormis le fait d’avoir son t shirt finisher il risque de se dégouter à plus ou moins long terme si ses schémas de courses se reproduisent .
  • La deuxième hypothèse plus problématique à mon sens est en cas d’abandon, dans le fossé au 30 ème kms, à cause d’une blessure ou d’un manque de préparation flagrant, (comme en 2014 aux templiers ou manifestement beaucoup avaient présumé et de leurs forces et de la difficulté d’une telle épreuve).

FINISHER…un terme galvaudé

Je ne juge pas j’observe les comportements et les expériences, et force est de constater que non être « finisher » n’a rien d’une balade de santé. L’autre constat que je fais aujourd’hui est que le terme de « Finisher » est décliné à toutes les sauces (comme tout les anglicismes d’ailleurs « running est plus vendeur que course à pied même la FFA s’y est mis ! ), en Ultra et sur Marathon bien sûr mais aussi sur des distances comme le 10 kms on vend du rêve.

Je pense que bientôt nous aurons des finishers du LDLM (lever du lit Matinal) .

Pour conclure quand on souhaite se lancer sur un défi personnel, il faut se donner les moyens pour y parvenir et prendre en compte tous les paramètres (préparation, récupération, dénivelé, alimentation, contraintes familiales et professionnelles). Parce que comme le dit Philippe Lucas « Si tu t’entraînes tu n’es pas sûr d’y arriver, mais si tu t’entraînes pas tu es sûr de ne pas y arriver ».

 

Tof