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Aujourd’hui nous allons aborder un sujet délicat, celui des barrières horaires. Souhaitées par les uns, redoutées par les autres. Ces barrières suscitent bien des polémiques. Si la mode actuelle est que le runner lambda peut accéder aux épreuves organisées avec un certificat médical et une carte bleue, pour autant cela ne suffit pas à en faire un athlète.

FINISHER …I DID IT !

Désormais le runner veut être finisher à tout prix d’une épreuve pour laquelle bien souvent il est mal, voire pas préparé du tout. Quand bien même s’étant acquitté de sa consultation pour obtenir le précieux sésame et ayant fait chauffer la CB pour obtenir son dossard, notre coureur veut sa médaille finisher et sa part de gloire sur les réseaux sociaux, à la machine à café, et auprès des membres de sa famille.

LE VILAIN RÈGLEMENT

En 2018 sur le marathon de Paris, une polémique est née sur le fait que l’organisateur ASO avait bloqué les arrivants au-delà de 6 h. Levée de boucliers de la runnosphère qui a vivement critiqué ce comportement, comme quoi c’était inadmissible au prix ou était le dossard de ne pas pouvoir finir son marathon. Comme si le fait de payer permettait tout et n’importe quoi. Le règlement affichait pourtant clairement que le temps limite était de 6 h. Moi qui pourtant ne suis pas tendre avec les grosses organisations, j’ai trouvé normal que les coureurs hors délai soient mis hors course, même si on peut discuter de la méthode employée (Barrières, et vigiles). Peut-être que placer une barrière horaire au semi-marathon ou au 30e km serait plus judicieux.

C’EST UNE COURSE !

Pour en revenir à nos coureurs “hors délai” sachez que vous n’avez pas acheté un droit de visite de Paris, mais un dossard pour effectuer une course. Tout n’est pas qu’une affaire de kilomètres, il y a également une notion de vitesse. Quand bien même vous seriez en 6h01 et hors course, et bien voilà un défi à relever pour l’an prochain, il faudra améliorer la préparation pour parvenir à rentrer au bercail dans le délai imparti, c’est quand même plus méritoire que de finir en 6h50.  (Bon là on parlait de coureurs en 7h30 et plus! ) . J’entends déjà les plus hardis ” oui, mais pour prendre les inscriptions c’est facile y’a du monde !” Oui, mais il y a aussi un règlement qui ne garantit pas d’être finisher (je paie donc je suis) et qui induit que la vitesse de déplacement devra être suffisante.  

On est à 8h20 de course…

  EMPECHEUR DE RUNNER EN ROND

Car si l’on s’arrête 2 secondes pour prendre un peu de recul, est-ce que l’on peut tirer une gloire quelconque de terminer un marathon à une moyenne de 6 km/h (ce qui s’apparentera à de la marche rapide) quelle satisfaction tirer d’avoir effectué une course en passant 80% de son temps à marcher ?   

Aujourd’hui les coureurs pestent après les barrières horaires qui sont perçues pour les “empêcher de runner en rond”, seulement mettons-nous à la place des organisateurs qui mobilisent des bénévoles pour encadrer ces courses, des bénévoles qui pour prendre l’exemple d’un trail de 30 km devront patienter entre 5 et 6 heures pour voir tout le monde arriver à bon port. Pas sûr que notre bénévole placé au dernier km souhaite renouveler l’expérience.

Eric un copain organisateur me disait récemment sur sa course “Ça m’emmerde de mettre des barrières horaires sur un 25 km, le principe c’est de ne les arrêter que s’ils ne courent plus ” du coup on a toujours cette idée de course même lente.

LE MÉRITE D’Y ARRIVER…DANS LES DÉLAIS

Autre exemple ou là il n’y a pas de barrière horaire, mais un itinéraire bis. Le Triathlon Norseman 3,8 km de natation dans un fjord à 13 degrés 180 km de vélo et 5 cols et un marathon pour la récupération active. Comme trophée symbolique un simple T-shirt noir pour les 160 premiers avec une arrivée à 1880m . Quant aux suivants ils se contenteront d’un parcours de repli plus facile et d’un simple t-shirt blanc, cruel diront certains. Pas tant que ça visiblement . La plupart des t-shirts blancs retenteront leur chance l’année suivante. 

À mon sens la barrière horaire apporte une notion de mérite aux coureurs, peut-être s’y casseront-ils les dents une première, voire une seconde fois, mais le jour où ils parviendront à la passer, il y aura cette petite pointe de satisfaction qui leur fera mesurer le chemin accompli.